mardi 28 juin 2011
"L'Union pour la majorité présidentielle" sans jeux de mots
LAGARDE & MICHARD ?
mardi 14 juin 2011
Proverbe aveyronnais
Ne jamais mettre de bambous dans ton jardin
sauf si tu veux qu'il appartienne à ton voisin.
lundi 21 février 2011
L'Origine
Quand le maire de Paris se rend en Tunisie, sa position consiste à rappeler qu'il est né en Tunisie ; quand le maire de Rodez fait allusion à celui de Paris, lors d'un speech à propos du musée Soulages en chantier, il prend soin de rappeler la position de monsieur Delanoë, qui dans ce contexte est d'être Aveyronais du côté de sa mère (son patronyme étant breton, hein). Que ne faut-il pas être ?
D'autre part, il est fastidieux de placer sur cette page de blog des citations, de Chateaubriand ou d'autres, qui sont invariablement accompagnées d'annonces publicitaires.
dimanche 30 janvier 2011
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (troisième partie, livre 2 — plus loin)
"Le 6 novembre (1812) le thermomètre descendit à dix-huit degrés au-dessous de zéro : tout disparaît sous la blancheur universelle. Les soldats sans chaussures sentent leurs pieds mourir ; leurs doigts violâtres et roidis laissent échapper le mousquet dont le toucher brûle ; leurs cheveux se hérissent de givre, leurs barbes de leur haleine congelée ; leurs méchants habits deviennent des casaques de verglas. Ils tombent, la neige les couvre ; ils forment sur le sol de petits sillons de tombeaux. On ne sait plus de quel côté les fleuves coulent ; on est obligé de casser le glace pour apprendre à quel orient il faut se diriger. Égarés dans l'étendue, les divers corps font des feux de bataillon pour se rappeler et se reconnaître, de même que des vaisseaux en péril tirent le canon de détresse. Les sapins changés en cristaux immobiles s'élèvent çà et là, candélabres de ces pompes funèbres. Des corbeaux et des meutes de chiens blancs sans maîtres suivaient à distance cette retraite de cadavres."
samedi 29 janvier 2011
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (troisième partie, livre 2)
"Sorti de Moscou dans la nuit du 15 septembre, Napoléon y rentra le 18. Il avait rencontré, en revenant, des foyers allumés sur la fange, nourris avec des meubles d'acajou et des lambris dorés. Autour de ces foyers en plein air étaient des militaires noircis, crottés, en lambeaux, couchés sur des canapés de soie ou assis dans des fauteuils de velours, ayant pour tapis sous leurs pieds, dans la boue, des châles de cachemire, des fourrures de la Sibérie, des étoffes d'or de la Perse, mangeant dans des plats d'argent une pâte noire ou de la chair sanguinolente de cheval grillé."
lundi 24 janvier 2011
L'automne était un peu dur. C'est une erreur de penser qu'il termine avant l'année.

lundi 20 décembre 2010
sans titre

mercredi 15 décembre 2010
Voici quelques semaines, je circulais en voiture autour d'un large carrefour sur le bord duquel étaient postés deux policiers qui me firent signe de venir arrêter ma voiture près d'eux. N'ayant emporté ni la carte grise de la voiture, ni mon permis de conduire, j'étais confus lorsqu'ils me demandèrent de les leur présenter, au point de ne pas même essayer de les persuader que ces deux documents se trouvaient ensemble dans le sac à main de mon épouse, suspendu parmi des manteaux, chez nous… Bien entendu, je m'adressais aussi simplement et poliment que possible aux honorables fonctionnaires de police. Par chance, j'avais avec moi ma carte d'identité, puis, mon "véhicule" se trouvant ce jour-là dans le délai précédant une contre-visite du contrôle technique, je m'empressais de produire également le feuillet rendant compte de la première visite qui, heureusement, était resté dans la boîte à gants… Pendant que l'un des policiers lisait ce papier-là, tandis que benoîtement j'insistais pour témoigner de ma bonne foi (car si nous sommes tenus de rouler avec notre permis de conduire en poche c'est notamment pour que les conducteurs ivres se le fassent retirer sur le champ — n. b. j'étais sobre comme le granit), et de ma confusion, son collègue trouva bien de me narguer dans cette situation déjà pénible, avec une remarque sans issue, consistant à me demander sans rire si, puisque je partais en voiture sans papier, est ce qu'il m'arrivait aussi de le faire sans les clés ? Humiliation bénigne : je ne pouvais rien répondre qui n'allât dans son sens ; mais qui se colore, peut être inconsciemment, insinuant que si je roule sans la clé, je suis un voleur de voiture, et comme chacun sait les voleurs peuvent être en défaut de papier. Pour finir, après avoir parcouru le compte rendu de contrôle technique, le docte collègue du donneur de leçon s'enquit de savoir si l'on n'avait rien noté concernant ma plaque d'immatriculation lors dudit contrôle, car le fait qu'elle tînt avec un fil de fer lui semblait problématique. Bien entendu, deux amendes vinrent sanctionner cette rencontre, dont il ressort que l'argument de Pier Paolo Pasolini (dans un texte que l'on pourra lire dans l'ouvrage publié par le Centre G. Pompidou "L'époque, la mode, la morale, la passion"), qui prend la défense des policiers contre les étudiants ; notamment que les premiers supportent le vieil uniforme qui sent la soupe, et qu'ils gardent, malgré cette pesante vêture, assez de volonté pour apprendre un peu de Russe le soir sur la table de leur cuisine, n'est plus un argument valide.
jeudi 9 décembre 2010
Vilém Flusser, Essai sur la nature et la culture (éd. Circé p. 105)
"Depuis quelques jours, le bulletin météorologique diffusé à la radio à dix heures du soir commence par la même formule : 'Après dissipation des brouillards matinaux persistants…' De fait, ces derniers temps, je me réveille chaque matin avec cette lumière laiteuse d'un soleil qui n'arrive pas à déchirer les voiles qui le recouvrent. Malheureusement, il s'agit d'une situation dont la littérature et les lieux communs sont tellement remplis que j'éprouve une grande difficulté à en faire l'expérience concrète. Le brouillard matinal est 'recouvert d'un épais brouillard idéologique' qui doit être balayé pour que je puisse voir le brouillard non métaphorique au dehors. "
samedi 27 novembre 2010
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (éd. du ministère de l'éducation nationale 1972, tome I p. 287)
"Danton, plus franc que les Anglais, disait : 'Nous ne jugerons pas le roi, nous le tuerons.' Il disait aussi : 'Ces prêtres, ces nobles, ne sont point coupables [sic], mais il faut qu'ils meurent, parce qu'ils sont hors de place, entravent le mouvement des choses et gênent l'avenir.' Ces paroles, sous un semblant d'horrible profondeur, n'ont aucune étendue de génie : car elles supposent que l'innocence n'est rien, et que l'ordre moral peut être retranché de l'ordre politique sans le faire périr, ce qui est faux."

