Météo rétrospective

La météorologie donne le plus souvent le temps qu'on pense qu'il va faire. Nous donnerons plus sûrement le temps qu'il a fait.

dimanche 22 novembre 2009

Hugo Victor, Les Misérables (éd. du Ministère de l'éducation nationale, page 292)

"La plaine était ténébreuse. Des brouillards bas, courts et noirs rampaient sur les collines et s'en arrachaient comme des fumées. Il y avait des lueurs blanchâtres dans les nuages. Un grand vent qui venait de la mer faisait dans tous les coins de l'horizon le bruit de quelqu'un qui remue des meubles. Tout ce qu'on entrevoyait avait des attitudes de terreur. Que de choses frissonnent sous ses vastes souffles de la nuit !"

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mercredi 18 novembre 2009

Guy David et Didier de la Porte, Calendrier des semis 2010, Supplément météorologique, p. 3

"L'élément EAU humidifie l'air et oriente les températures dans les moyennes saisonnières.
Cette impulsion augmente l'humidité de l'air (l'air peut se mettre à "sentir l'eau") avec toutes les conséquences que cela entraîne : rosée plus abondante et plus persistante, effet de couverture isolante plus importante limitant la montée comme la descente des températures, effet de feutrage des couleurs avec augmentation des gris plus ou moins clair, augmentation du nombre de nuages et de leur taille avec prédominance des nuages bas, gris (stratus) parfois tellement uniformes que l'on ne peut plus voir leur sens de déplacement, parfois tellement bas que l'on se retrouve dans du brouillard dense qui peut persister toute la journée. Tous ces nuages s'accompagnent souvent d'une petite pluie fine et persistante.
À l'extrême, c'est le climat tempéré océanique dans ses formes les plus humides : brouillard londonien, bruine et crachin fin Novembre en Normandie capable de ses maintenir toute la journée sans interruption et n'apportant malgré tout pas plus de 8 à 12mm d'eau en 24 heures."

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vendredi 13 novembre 2009

Lydie Salvayre, BW (éd. Seuil p. 186)

"Mais pour la première fois de sa vie, il ressent une hostilité en suspension dans l'air, un danger impalpable, une violence prête à fondre, comme ces ciels d'orage avant qu'ils ne s'éventrent et ne crèvent en déluge."

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mardi 10 novembre 2009

Petits gâteaux au citron

bis

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jeudi 5 novembre 2009

Carlo Emilio Gadda, Novella seconda (éd. Ch. Bourgois p. 77)

"Une lumière était apparue du côté de l'orient. Une chouette avait commencé à jeter son cri, dont on dit qu'il est lui aussi un signe de mort. Une lumière était tombée du ciel, comme une trainée de sang.
— Sang de Caïn, dit le garçon en serrant les dents.
    Le rossignol s'était tu, laissant la nuit seule et ses étoiles froides, infinies : dans la forêt, les vents froids des Alpes, et le bruit lointain des eaux… Et après, quand la fontaine tarie était restée à sec pour de bon :
— Mais on était en août, c'est normal…
    Le vrai malheur avait été ce champ de maïs brûlé par la sécheresse. Voilà.
    Après, on avait vu des sortes d'éclairs, le matin, au-dessus des tours menaçantes et lointaines du Baïtone, bien qu'il n'y ait rien eu, dans le ciel nocturne, ni nuages, ni tempête, ni rien. Et puis, pendant longtemps encore, le hurlement des chiens, presque des pleurs, avec des reprises d'aboiements furieux."

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mercredi 4 novembre 2009

Si tu la sens trop tu ne la sentiras pas longtemps.

On doit à Montaigne pour cette remarque à propos de la douleur une espèce de reconnaissance éternelle où l'humour est la condition humaine.

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dimanche 1 novembre 2009

Les tombes sont fleuries de neuf. Aux abords du cimetière, au pied du muret mais du côté hors l'enceinte, on voit parmi les ronces harassées par la sècheresse, ici ou là, des petits tumulus de terre. Tronc de cône ou de pyramide, formés d'une terre que la résille saturée des radicelles retient en forme, ce sont les pots de l'an passé retournés là pour les vider, leurs fleurs défuntes à présent, et y planter du neuf. La sépulture originelle apparaît ainsi marginalement, caractérisée par sa réalisation à l'improviste et face à l'échéance.

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samedi 31 octobre 2009

Je viens de passer une semaine à Marseille et, outre qu'il y faisait exagérément doux, je m'y suis senti incapable d'y faire un pas sans me trouver entre deux types de choses connues. D'un côté, les innombrables visages que j'y reconnais, jusqu'au guichetier de l'agence SNCF du centre Bourse dont je sais qu'il travaillait jadis à la gare même. De l'autre, cet espèce de halo physionomique enveloppant certains, comme il arrive au personnage de Marcel Proust de retrouver à tout propos tel visage peint par Bengozzo Gozzoli dans La Cavalcade des Rois Mages sur celui de quelqu'un qu'il examine dans une réception, mais avec cette différence que je ne voyais çà et là paraître parmi les piétons que tel ou tel des habitants de mon village, jusqu'à ce qu'une seconde décisive après je corrige : mais non, Nicole n'a pas les cheveux de cette couleur.

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samedi 24 octobre 2009

Hugo Victor, Les Misérables (éd. du Ministère de l'éducation nationale*, p. 121)

"La nuit n'était pas très obscure ; c'était une pleine lune sur laquelle couraient de larges nuées chassées par le vent. Cela faisait au dehors des alternatives d'ombre et de clarté, des éclipses, puis des éclaircies, et au dedans une sorte de crépuscule. Ce crépuscule, suffisant pour qu'on pût se guider, intermittent à cause des nuages, ressemblait à l'espèce de lividité qui tombe d'un soupirail de cave devant lequel vont et viennent des passants."

* Ces éditions destinées aux premiers prix ne sont pas sans coquilles.

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jeudi 22 octobre 2009

Pour François Chaslin

En ôtant le lierre qui recouvre un muret mitoyen sur le pourtour du jardin de Mme R. ce matin, je me faisais cette réflexion en voyant le lierre pousser indifféremment depuis le côté du mur où je me trouvais, et de l'autre côté. Le lierre ne pousse pas sur le mur, mais l'enveloppe de part et d'autre. Il ne fait pas de doute que les pousses d'un côté puissent provenir de la même souche que celle de l'autre côté, forant le mur dans sa partie basse, empruntant là quelque lit, pour aller trouver le jour derrière. C'est une enveloppe totale qui pourrait, théoriquement, finir par dissocier le mur de son fondement. Et c'est un peu cela qu'essayait d'évoquer l'animateur de l'excellente émission d'architecture, Métropolitains, dans son édition du 8 de ce mois.

Il faisait remarquer à l'une de ses invités que les normes environnementales touchant à l'isolation des bâtiments dans un but énergétique avait pour inconvénient ce risque : emmitoufler toute construction dans un anorak, enveloppant les reliefs, ouvertures et détails, imposant d'éventuels bourrelets, etc — c'est moi qui en rajoute un peu. Et par là rendre d'allure identique tous les bâtiments, les appariant tout au moins, et surtout dans le cas d'adaptation des bâtiments anciens aux normes énergétiques nouvelles. Bref, ce recouvrement n'est pas sans rappeler celui du lierre, c'est-à-dire un parasite affectant la relative liberté de penser une construction. L'invitée de Chaslin se débrouillait de cette critique en disant que dans certains cas… bref, elle avait des contre-exemples. Reste que longtemps avant l'écologie les bâtiments ont été conçus en regard de leur milieu naturel, et qu'il y a pour cette question prégnante de ce que coûte l'alimentation d'un bâtiment une réponse générale qui consiste à le rendre hermétique. L'enveloppe donc, pourrait se traduire physiquement comme ce que les modes donnent à voir, mais ce serait une mode dictée, qui viendrait se greffer là comme un parasite. Cela ne mériterait pas d'essayer de voir les choses en face si la question économique des énergies n'était pas grave.

Ce qui est marrant, c'est qu'un invité de l'émission la semaine suivante, François Seigneur, racontait une œuvre qu'il avait réalisée, consistant en une surface peinte dans l'espace d'un bâtiment, un passage, et qui devait être entretenue chaque année par l'addition d'une couche de peinture supplémentaire. Et il illustrait l'un des enjeux de cela par cette formule à peu près : "il se passait le truc que tout le monde connaît, c'est qu'à force de rajouter une couche de peinture sur une fenêtre, on ne peut plus la fermer."

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