Météo rétrospective

La météorologie donne le plus souvent le temps qu'on pense qu'il va faire. Nous donnerons plus sûrement le temps qu'il a fait.

vendredi 3 juillet 2009

Vacances

La liberté du citoyen fait consommateur (je traduis : le-client-qui-n'est-pas-roi), c'était de pouvoir jeter, se débarrasser sans souci des monceaux de biens matériels, foutaises et merdouilles aussi bien que certains biens utiles pour une période limitée, mais encore des gadgets innombrables, bibelots ou accessoires indispensables, babioles feignant d'être devenues des outils — toutes choses dont on charge les personnes dès l'école, laïque, dès la petite enfance même pour les besoins de notre tempérament industrieux. Cette liberté est progressivement rendue coupable, sinon carrément amputée, par un discours devenant pressant, et alimenté de toute part tant il est pressant : juteux même. On ne pourrait donc plus balancer les choses simplement parce qu'elles nous embarrassent, sans estimer leur devenir de détritus, sans jauger leurs transformations possibles, en subir ne serait ce que moralement (mais parfois financièrement) le coût.

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jeudi 2 juillet 2009

Déjà les cerisiers vont empourprer leurs feuilles. Quand les genêts jaunissent l'arrondi du buisson. En fin de matinée un courant d'air courbait les peupliers luisant du lumineux vernis que n'atténuait pas encore la nuée vaste autant qu'ombrageuse qui ne fit que trois gouttes. L'après-midi c'était fini : plus l'espoir d'une ondée. Chaleureux et géant nous baignant de sueur le ciel bleu revenu régna jusqu'à la nuit qui ne vient ces jours-ci qu'après 22 h. Fiable et mélodieuse elle apporte l'air frais.

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mercredi 1 juillet 2009

La fournaise suis son cours ; déjà hier, en fin d'après-midi, des cumulus formés en tours, et même en enclumes, paradaient à l'horizon, bien haut tandis que leur céant s'effaçait dans la perspective, se précipitant en orages dans la vallée. C'est la saison des orages très locaux : le début des haricots. La fraîcheur est dans les maisons maintenant, puis vient à peine avec la nuit, toujours lente à tomber, elle aussi. Aujourd'hui encore, donc, avant le journal de 18 h., on a connu un moment d'ombre, un voile nébuleux grisant tout pour nos yeux faits au contraste des jours derniers, ramenant un peu de douceur dans l'air. Mais ces masses nuageuses ne faisaient qu'effleurer l'aire céleste du village même, allant chasser ailleurs l'air empesé, moite, presque bloqué. Ce furent trois, quatre, allez ! une douzaine de gouttes, bien grosses, pendant que je préparais des semis. Puis plus rien, le grands voile puissant se dissipant bientôt sans qu'on sache exactement pourquoi, il devait y avoir un peu de vent, bien entendu, là haut, mais si soudain. Et les nuées environnantes ne firent pas plus long feu : adios, on vous laisse le ciel bleu…

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dimanche 28 juin 2009

L'été continue son train paisiblement étonnant, mais rien de plus notable qu'un peu de vent qui se lève, de l'ouest, ou du nord, solaire selon certains. Cette nuit cependant, depuis les hauteurs d'une commune voisine, alors que le ciel était clairement étoilé, on pouvait voir la lune, qu'on avait presque oubliée depuis quelques temps, encore croissante, n'ayant pas accompli le premier quart, haute sur l'horizon à l'ouest, vers minuit, qui buvait une sérieuse tasse, avec un nuage de lait. Cette espèce de front brumeux, qu'on avait vu déjà haut le matin, rappliquait de nouveau depuis l'aval du Lot à la tombée de la nuit. Mais plus tard, outre que la lune était nuancée, soudain, après un coup sourd et arrondi dans le grave au seuil de l'audition, et dont on redemandait pour l'identifier, c'est une bise nocturne, pour ainsi dire aqueuse sinon marine, qui apostrophait l'épiderme d'une salutation semie cordiale. Et rebelote, le roulement dans l'extrême grave, là-bas, nulle part dans l'ouest de la nuit : ça tonne ? En effet, ça tonnait. Pour le coup, le courant d'air impromptu n'était plus seul. Mais il n'a pas plu. L'avant veille au soir, encore par beau temps, dans la foulée d'une séance de grillades au parc, il y avait un feu de saint Jean en bas, dans les terrains inondables adossés sur les peupliers. Un beau brasier dont on n'allait pas à moins d'une dizaine de mètres, autour duquel étaient servis de la brioche, exquise à vrai dire, et du pétillant arôme pêche à six degrés, malheureux breuvage dont une gorgée donne l'idée de nausée. Après quoi les jeunes héritiers des fermes alentours balançaient tout dans le foyer plus ténu désormais ; bouteilles de Banga, gobelets, carton des brioches etc. tout pivoinés d'avoir collé quelques bises aux rombières du secteur en leur montrant comme ils savent animer le "Comité" : comment toujours les générations à venir pourraient compter sur le coup de pétillant avec la tranche de brioche, à la première occasion comme pour les plus grandes, messes incluses.

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jeudi 25 juin 2009

L'autre jour au marché du chef lieu, j'ai remarqué que l'homme en combinaison grise à double fermeture "éclair", qui vendait du fil de fer barbelé au détail à peine déballé par terre depuis le haillon de sa fourgonette, et qui avait, émergeant de sa chevelure en broussaille tout ardente d'argent, à l'égale de sa barbe en mosaïque à faire pâlir le conservateur du musée de Biot, une bosse  nue, là au milieu du crâne : un relief chauve gros comme un œuf d'autruche, qu'il coiffait pudiquement d'un bob Ricard certains jours de grand soleil, et en regard de quoi les cornettes prêtées à Moïse par Michelange sur le tombeau de Jules II ressemblent à des capuchons de stylo Bic ; cet homme donc, n'a plus cette bosse bizarre, et même monstrueuse. Ses cheveux toujours longs et d'un gris iridescent sont coiffés en arrière, étals de dignités comme sa barbe, elle aussi apaisée, peignée.

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mardi 23 juin 2009

Encore une journée fraîche, ensoleillée, pleine de charme dans les cieux tandis que le levé du jour embaume la rosée ; au travers de laquelle un parfum se devine, dans l'air encore ombragé, de reine des prés.

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lundi 22 juin 2009

Par ce temps frais, venté d'un vent solaire agile, assoiffant jusque le ciel ; en s'y prenant bien, on peut faire la vaisselle à la lumière du jour après dîner.

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samedi 20 juin 2009

Il faisait 32 degrés, ce matin en plein soleil, et 16 ce soir, à l'ombre. La journée a donc été plutôt fraîche, mais splendidement éclairée d'un soleil abondant, généreux, honnête presque, avec des petits nuages qui circulaient autour, par-delà l'horizon, prenant des teintes douces ou fraîches, puis éteintes dans la fin de la soirée si longue par ces moments du solstice estival. La journée, tournée puis retournée par un courant d'air allègre, s'est déclinée en pique-nique du club de foot, kermesse de l'école avec vibrant hommage au directeur qui vient d'enseigner 13 ans ici, changeant de poste en raison de son refus d'alimenter le fichier dit "base-élève", puis grillades en réunion informelle sur la place, pour finir les restes du déjeuner de kermesse.
C'est à cette occasion que l'un des parents d'élève, qui travaille dans la distribution d'accessoires médicaux, m'expliqua ceci : la légalisation de l'euthanasie en France diminuerait de façon catastrophique (financièrement parlant) l'activité dans ce secteur du matériel médical.

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jeudi 18 juin 2009

Carlo Emilo Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (éd. Seuil p. 49)

"C'était une journée splendide, une de ces journées si superbement romaines qu'un fonctionnaire de 8me grade, fut-y su' l' point de s' propulser au 7me, est capable d' sentir lui aussi, mais oui, un je n' sais quoi gigoter dans son âme, un p'tit quèque chose qui ressemble assez au bonheur. Il avait l'impression, parole, d'aspirer d' l'ambroisie par les narines, d'en imbiber ses poumons. Et sul' travertin ou l' péperin d' chaque façade d'église, au faîte d' chaque colonne, ce poudroiement doré de soleil déjà auréolé d'un carrousel de mouches."

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mercredi 17 juin 2009

Haha… (® M. Provansal/éditions P)

noix2

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