Le scénario de Dimanche s'est rejoué avant-hier puis hier, toujours avec des nuances ; d'abord la brume plus dense et lumineuse Lundi ne semblait pas devoir se lever. Elle est descendue même, s'est enfoncée dans le sol jusqu'à être complètement dissipée, ce qui s'est fait dans le courant de la matinée, puis elle n'est pas revenue avec la nuit. Hier, la brume était presque des nuages gris dans le ciel, mais le ciel commence à ras du sol et, par le jeu de l'horizon, quelques reliefs s'en trouvaient masqués. C'est surtout le froid que ça avait amené, la nuit n'ayant pas été couverte, qui prenait de l'audace avec cette humidité, soutenue par un courant d'air lent, mais lent, qui imprime le froid. Pourtant il faisait huit degrés. Ce n'est qu'en fin d'après-midi que le temps s'est mis au beau, faveur du couchant ; et la nuit sans brouillard, également, laissait prévoir un accent du froid. Aussi, ce matin, la saison en a pris un coup. La pièce d'eau dans le jardin public était gelée, la végétation cassée par le gel de même, les prairies blanchies, les pare-brises… Les feuilles surtout restées en bonne partie vertes jusque là sur certaines essences cuites d'un coup sec, noircies, se défaisaient à leur tour de toute attache aux branches. Bien qu'il n'y avait pas le moindre mouvement dans l'air, elles tombaient lentement, tout droit jusque au sol, semblant se céder infiniment la priorité. Le ciel était couvert en altitude par un immense nuage (altus flocus) puis s'est dégagé vers dix heures, le bleu venant par le Nord-Ouest. L'après-midi s'est radoucie, d'autant qu'il a semblé toute la matinée qu'on nous avait volé notre linge sur l'étendage : jusqu'à ce que l'aîné des enfants se souvienne, distrait par les proportions que cette affaire prenait, que le linge était caché sous une boîte en plastique.