Il y a encore des hirondelles, mais plus un seul martinet depuis déjà plusieurs jours, voire plusieurs semaines… Les températures matinales sont repassées au-dessous des 15 degrés ; hier, un petit vent faisant effet d'annoncer l'apocalypse à virevolter toute la journée sous un ciel gris jaune et mollement marbré, faisant croire à l'imminence d'une ondée qui s'est décidée, finalement, à l'heure où nous passions à table dans le jardin, pour se raviser après les premières gouttes, tandis que nous étions retournés dîner dans la maison. La nuit venue, la pluie finit par s'abattre, mais pas longtemps, et la terre était toute sèche aujourd'hui, dans un soleil mitigé, presque effacé dans la vallée du Lot où le gros bourg filtrait une odeur de pisse témoignant d'un atmosphère clos. Les petites brumes restaient accrochées sur les coteaux jusqu'en milieu de journée, puis, sous un voile persistant, l'après-midi connut des lourdeurs, ponctuées de courants d'air, air qui redevenait pesant dès lors qu'il cessait de courir. En fin d'après-midi, c'est un colossal nuage blanc, voûté, qui dominait tout l'horizon vers l'Est, pendant qu'au couchant, un nuage plus plan s'étalait, gris foncé, modelé, capitonné dans une grande partie de son lointain ; cette configuration n'a pas duré. La lumière s'est soudain mise en mouvements rapides, des plages lumineuses s'éteignant, pour rallumer d'un trait le ciel d'où déjà tombaient de petites gouttes de pluies, suivies de plus grosses, puis d'un premier rideau de pluie, abondant, que le tonnerre avait annoncé. Les averses se sont succédées ainsi depuis trois heures, jalonnant l'installation de l'obscurité par degrés de calme et de précipitation, rendant les éclairs de plus en plus visibles et d'un bleu plus dense. Le tonnerre a généreusement roulé dans les alentours, puis craqué. Le tout ayant emporté quelques feuilles sur les arbres, maintenant ce sont les toits qui s'égouttent, apaisent la nuit.