Il y a un long ruban nuageux horizontal sur le couchant. Il empourpre son gris dans un ton clair et moiré d'un bout jusqu'à l'autre de l'horizon que les profils d'arbres limitent, et sa frange inférieure est une flamme qui cavale avec constance ; encore au-dessous, comme au-dessus d'ailleurs, une plage du ciel bleu, angélique, pâle, presque vert d'eau sinon que tout le jaune que sa teinte pourrait contenir se consume dans les liserés soulignant les rubans de nuage. Car il y en a d'autres, moins étendus, moins importants, dont toute la tranche est gagnée par des reflets du soleil dont elle ne conserve rien, rend tout ; c'est très hiérarchisés les nuages dans le soleil couchant, il y en a généralement un qui se positionne justement entre nous et le soleil, pas toujours le plus volumineux, mais le plus volumineux a toujours plus de chance que les autres de figurer en bonne place vis à vis l'observateur en un point donné.

C'est le beau temps qui vient clore la journée, moins fraîche que la précédente, mais qui ponctuée de quelques averses. Avec un ciel bouché, jusqu'à l'anthracite par endroits-moments, dans le milieu de la journée, quand il était plutôt couvert dans l'ensemble, et parcouru sinon de lourds vaisseaux rapprochés les uns contre les autres, dont la masse était sensible à leur apparente inertie : la lenteur de leur allure témoignant en fait de cette masse.