Comme l'a dit mon fils aîné tout à l'heure : normalement, les giboulées c'est au mois de Mars, mais là c'est au mois de Mai. Depuis quatre jours, d'abord deux journées peu sûres, plutôt douces, mais avec un peu de fraîcheur à cause de vent dans la fin de la journée. Deux journées semblables, avec une ondée infime dans la matinée, ou la fin de la nuit, mais ne faisant pour ainsi dire pas d'eau, même dans un pluviomètre. Le temps se levant par la suite, sans se déclarer franchement, mais enfin… Honnête, disons. Lorsqu'hier matin le jour s'est levé, c'était dans une immense brumasse ayant tout gommé sur son passage, et par la suite il a plu des litres et des litres par dizaine de milliers, les gouttières débordant en jets drus dans la rue, qu'un coup de vent déplaçait constamment, si bien qu'on ne pouvait placer aucun récipient fixe dessous pour en récupérer, ne serait-ce qu'un peu. Ce matin, le brouillard à nouveau, semblant un proche parent de celui de la veille, s'est finalement levé sur des petites averses ponctuelles, passagères, fréquentes, répétitives, périodiques même, un peu obliques parfois, mais moins qu'hier, tandis qu'entre chaque il est arrivé différentes accalmies. Depuis la plus quelconque, ne donnant envie de rien sinon du retour de l'averse, jusqu'à la plus élégante, avec des horizon qui s'ouvrent dans les parages zénithaux, formant de mouvantes silhouettes d'azur aux tons généreux, montrant dans le lointain de ces percées, enchâssé dans quelques éléments de grisaille persistante, un élément nuageux plus distant, flatté par le soleil d'une blancheur toujours plus fraîche.