Ébats de tourterelles dans la charpente du clocher ; je me souviens désormais ce que je voulais noter hier ici. C'est un acte manqué d'une journaliste radio qui me l'a rappelé ce matin, à propos de l'encouragement aux laboratoires pharmaceutique de produire des vaccins contre la grippe porcine, elle voulait dire : l'O. M. S. a encouragé, etc. Mais elle a dit l'O. M. C. ! Puis s'est reprise. Revenons à présent sur la polémique autour du maire socialiste d'Evry, et son propos problématique, en évoquant publiquement un manque d'habitants à la peau blanche dans sa commune. Il a eu ces mots pour désigner ces habitants manquants : "blancs, white, blancos". C'est ce recours à des vocables étrangers qui me paraît au cœur du problème. Je ne sais comment dire le jeu de va et vient que je perçois entre ces termes étrangers (soi-disant d'expression familière ou relâchée) d'une part, les étrangers que cela désigne sans les nommer d'autre part, et enfin la façon dont les personnes qu'on appelle à prendre leur place sont étrangères, différentes, de ces gêneurs. Il ne fait pas de doute que cette façon de dire "white, blancos" vise à éviter de dire, black, négros, blacky, noirot, bronzés, nègres, etc. Les blancs souhaités ne sont pas mâtinés, non. Et bien entendu, ce recours à des mots étrangers a pour but de tempérer, effacer ou atténuer, la demande d'une présence "blanche" et ce que cela peut avoir de violent. Cette formulation abrite en réalité le problème suivant : il n'est pas de mot commode pour stigmatiser l'étranger. L'anglicisme "black" a été un temps mieux perçu que noir, qui a été mieux perçu que nègre, moins gênant parmi les populations blanches de France. Les français noirs de peau, et les africains francophones, ayant encore un rapport plus personnel avec cette question, puisqu'ils y mettent davantage en jeu leur fierté.