L'été continue son train paisiblement étonnant, mais rien de plus notable qu'un peu de vent qui se lève, de l'ouest, ou du nord, solaire selon certains. Cette nuit cependant, depuis les hauteurs d'une commune voisine, alors que le ciel était clairement étoilé, on pouvait voir la lune, qu'on avait presque oubliée depuis quelques temps, encore croissante, n'ayant pas accompli le premier quart, haute sur l'horizon à l'ouest, vers minuit, qui buvait une sérieuse tasse, avec un nuage de lait. Cette espèce de front brumeux, qu'on avait vu déjà haut le matin, rappliquait de nouveau depuis l'aval du Lot à la tombée de la nuit. Mais plus tard, outre que la lune était nuancée, soudain, après un coup sourd et arrondi dans le grave au seuil de l'audition, et dont on redemandait pour l'identifier, c'est une bise nocturne, pour ainsi dire aqueuse sinon marine, qui apostrophait l'épiderme d'une salutation semie cordiale. Et rebelote, le roulement dans l'extrême grave, là-bas, nulle part dans l'ouest de la nuit : ça tonne ? En effet, ça tonnait. Pour le coup, le courant d'air impromptu n'était plus seul. Mais il n'a pas plu. L'avant veille au soir, encore par beau temps, dans la foulée d'une séance de grillades au parc, il y avait un feu de saint Jean en bas, dans les terrains inondables adossés sur les peupliers. Un beau brasier dont on n'allait pas à moins d'une dizaine de mètres, autour duquel étaient servis de la brioche, exquise à vrai dire, et du pétillant arôme pêche à six degrés, malheureux breuvage dont une gorgée donne l'idée de nausée. Après quoi les jeunes héritiers des fermes alentours balançaient tout dans le foyer plus ténu désormais ; bouteilles de Banga, gobelets, carton des brioches etc. tout pivoinés d'avoir collé quelques bises aux rombières du secteur en leur montrant comme ils savent animer le "Comité" : comment toujours les générations à venir pourraient compter sur le coup de pétillant avec la tranche de brioche, à la première occasion comme pour les plus grandes, messes incluses.