La fournaise suis son cours ; déjà hier, en fin d'après-midi, des cumulus formés en tours, et même en enclumes, paradaient à l'horizon, bien haut tandis que leur céant s'effaçait dans la perspective, se précipitant en orages dans la vallée. C'est la saison des orages très locaux : le début des haricots. La fraîcheur est dans les maisons maintenant, puis vient à peine avec la nuit, toujours lente à tomber, elle aussi. Aujourd'hui encore, donc, avant le journal de 18 h., on a connu un moment d'ombre, un voile nébuleux grisant tout pour nos yeux faits au contraste des jours derniers, ramenant un peu de douceur dans l'air. Mais ces masses nuageuses ne faisaient qu'effleurer l'aire céleste du village même, allant chasser ailleurs l'air empesé, moite, presque bloqué. Ce furent trois, quatre, allez ! une douzaine de gouttes, bien grosses, pendant que je préparais des semis. Puis plus rien, le grands voile puissant se dissipant bientôt sans qu'on sache exactement pourquoi, il devait y avoir un peu de vent, bien entendu, là haut, mais si soudain. Et les nuées environnantes ne firent pas plus long feu : adios, on vous laisse le ciel bleu…