La liberté du citoyen fait consommateur (je traduis : le-client-qui-n'est-pas-roi), c'était de pouvoir jeter, se débarrasser sans souci des monceaux de biens matériels, foutaises et merdouilles aussi bien que certains biens utiles pour une période limitée, mais encore des gadgets innombrables, bibelots ou accessoires indispensables, babioles feignant d'être devenues des outils — toutes choses dont on charge les personnes dès l'école, laïque, dès la petite enfance même pour les besoins de notre tempérament industrieux. Cette liberté est progressivement rendue coupable, sinon carrément amputée, par un discours devenant pressant, et alimenté de toute part tant il est pressant : juteux même. On ne pourrait donc plus balancer les choses simplement parce qu'elles nous embarrassent, sans estimer leur devenir de détritus, sans jauger leurs transformations possibles, en subir ne serait ce que moralement (mais parfois financièrement) le coût.