mardi 14 juin 2011

Proverbe aveyronnais

Ne jamais mettre de bambous dans ton jardin sauf si tu veux qu'il appartienne à ton voisin.
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samedi 29 janvier 2011

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (troisième partie, livre 2)

"Sorti de Moscou dans la nuit du 15 septembre, Napoléon y rentra le 18. Il avait rencontré, en revenant, des foyers allumés sur la fange, nourris avec des meubles d'acajou et des lambris dorés. Autour de ces foyers en plein air étaient des militaires noircis, crottés, en lambeaux, couchés sur des canapés de soie ou assis dans des fauteuils de velours, ayant pour tapis sous leurs pieds, dans la boue, des châles de cachemire, des fourrures de la Sibérie, des étoffes d'or de la Perse, mangeant dans des plats d'argent une pâte noire... [Lire la suite]
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jeudi 9 décembre 2010

Vilém Flusser, Essai sur la nature et la culture (éd. Circé p. 105)

"Depuis quelques jours, le bulletin météorologique diffusé à la radio à dix heures du soir commence par la même formule : 'Après dissipation des brouillards matinaux persistants…' De fait, ces derniers temps, je me réveille chaque matin avec cette lumière laiteuse d'un soleil qui n'arrive pas à déchirer les voiles qui le recouvrent. Malheureusement, il s'agit d'une situation dont la littérature et les lieux communs sont tellement remplis que j'éprouve une grande difficulté à en faire l'expérience concrète. Le brouillard matinal... [Lire la suite]
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samedi 27 novembre 2010

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (éd. du ministère de l'éducation nationale 1972, tome I p. 287)

"Danton, plus franc que les Anglais, disait : 'Nous ne jugerons pas le roi, nous le tuerons.' Il disait aussi : 'Ces prêtres, ces nobles, ne sont point coupables [sic], mais il faut qu'ils meurent, parce qu'ils sont hors de place, entravent le mouvement des choses et gênent l'avenir.' Ces paroles, sous un semblant d'horrible profondeur, n'ont aucune étendue de génie : car elles supposent que l'innocence n'est rien, et que l'ordre moral peut être retranché de l'ordre politique sans le faire périr, ce qui est faux."
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jeudi 4 novembre 2010

Paul Cézanne, lettre à son fils, 8 septembre 1906 (citée par M. Pleynet, in Cézanne, éd. Folio p. 101)

"Mon cher Paul,Aujourd'hui (il est près de onze heures) reprise impressionnante de la chaleur. L'air est surchauffé, pas un brin d'air. Cette température ne doit être favorable qu'à la dilatation des métaux, favoriser les débits de boisson, remplir de joie les marchands de bière, industrie qui semble prendre des proportions respectables dans Aix, et les prétentions intellectuelles de mon pays, tas d'ignares, de crétins et de drôles. Les exceptions, il peut s'en trouver, ne se font pas connaître."
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mardi 10 août 2010

Henri Bosco, Hyacinthe (éd. folio-gallimard pp. 15 & 16)

"A part ces petites apparitions, il ne s'y produisait d'accidents notables qu'au-dessus de la terre, au ras du ciel, sur cette ligne où se construisent les nuages. Depuis que l'automne, en amenant les vents de mer, avait modifié les aspects de la plaine ils avaient peu à peu élevé, d'abord vers l'ouest, l'immense édifice de la pluie. Chaque soir cette ville élastique étendait ses masses colorées et occupait un peu plus l'horizon. Elle gagna d'abord du terrain vers le sud où l'on vit, pendant quelques jours, monter, vers cinq... [Lire la suite]
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samedi 17 juillet 2010

Fernand Pouillon, allocution du 13 Mars 1965 (texte cité par B. Marrey ds "L'Homme à abattre", éd. du Linteau pp. 110 & 111)

"Je suis contre, parce que c'est se moquer, réellement, de ceux qui ont des besoins urgents, qui ont besoin d'avoir l'eau chez eux. C'est se moquer des besoins des gens qui ne veulent pas devoir habiter une cité sinistre. C'est le besoin des gens qui ne veulent pas faire quatre ou cinq heures de trajet par jour. C'est le besoin des gens qui ne veulent pas subir la ségrégation qu'ils subissent malgré eux. Il y a cent ans à Paris, cohabitaient des gens de toutes sortes, et donc la promotion sociale pouvait se faire sur elle-même,... [Lire la suite]
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vendredi 2 juillet 2010

Carlo Emilio Gadda, "Le club des ombres" (in "Des accouplements bien réglés", éd. Seuil, p. 187)

"Quand la tramontane tomba, s'arrêtant au-delà des crêtes du mont, et que la pelisse qui les surplombait commença de se déchirer çà et là, laissant paraître l'azur, quand sur les tombes des Simplicii quelques violettes fleurirent entre les grilles, la demoiselle aussi dépouilla le pelisson de faux castor dont elle s'était harnachée pour la triste guerre d'hiver. Elle fut heureuse de se débarrasser de cette lèpre."
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dimanche 4 avril 2010

Emmanuel Hocquard, Un privé à Tanger (éd. POL p. 22)

"Sans vraiment prendre part à ce qui nous entoure       — chacun a eu, dit-on, sa part de vie —nous serons crédités d'un temps que nous n'avons jamais connu.Ce temps qu'on nous envie, bien qu'il ne fût jamais       le nôtre, est un temps mort, échu par héritage. Nous avons ce temps devant nous pour retourner les mots       qui rendent le son creux des idées grises,Le temps passé, le temps perdu dont la mémoire est vide ;       Nous avons devant nous... [Lire la suite]
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vendredi 12 mars 2010

Carlo Emilio Gadda, "Eros et Priape" (éd. Bourgois, traduction de Giovanni Clerico pp. 23-24)

"Mais celui-ci, saperlotte ! Il n'avait même pas fini d'enregistrer quatre certitudes scolaires, que déjà c'est moi que v'là, c'est moi que v'là, que c'est moi qui l'fais, c'est moi qui l'fais. Venu de la niaiserie la plus fadasse, discoureur de comices muni d'un piètre bagage de phrases préfabriquées, il se mit donc à suivre le nombre et à descendre au gré du courant : à dégoiser, à menacer d'incendier les meules, à exciter et agiter les gens : et il parvint enfin, grâce aux subventions du capital et à une carrière de parjure, à... [Lire la suite]
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