jeudi 5 novembre 2009
Carlo Emilio Gadda, Novella seconda (éd. Ch. Bourgois p. 77)
"Une lumière était apparue du côté de l'orient. Une chouette avait commencé à jeter son cri, dont on dit qu'il est lui aussi un signe de mort. Une lumière était tombée du ciel, comme une trainée de sang.
— Sang de Caïn, dit le garçon en serrant les dents.
Le rossignol s'était tu, laissant la nuit seule et ses étoiles froides, infinies : dans la forêt, les vents froids des Alpes, et le bruit lointain des eaux… Et après, quand la fontaine tarie était restée à sec pour de bon :
— Mais on était en août, c'est normal…
Le vrai malheur avait été ce champ de maïs brûlé par la sécheresse. Voilà.
Après, on avait vu des sortes d'éclairs, le matin, au-dessus des tours menaçantes et lointaines du Baïtone, bien qu'il n'y ait rien eu, dans le ciel nocturne, ni nuages, ni tempête, ni rien. Et puis, pendant longtemps encore, le hurlement des chiens, presque des pleurs, avec des reprises d'aboiements furieux."
samedi 24 octobre 2009
Hugo Victor, Les Misérables (éd. du Ministère de l'éducation nationale*, p. 121)
"La nuit n'était pas très obscure ; c'était une pleine lune sur laquelle couraient de larges nuées chassées par le vent. Cela faisait au dehors des alternatives d'ombre et de clarté, des éclipses, puis des éclaircies, et au dedans une sorte de crépuscule. Ce crépuscule, suffisant pour qu'on pût se guider, intermittent à cause des nuages, ressemblait à l'espèce de lividité qui tombe d'un soupirail de cave devant lequel vont et viennent des passants."
* Ces éditions destinées aux premiers prix ne sont pas sans coquilles.
lundi 19 octobre 2009
Françoise Fressoz, Les Limites de l'hyperprésidence (Le Monde, samedi 17 X 2009 p. 10)
"La chape de plomb est lourde sur le cas Jean Sarkozy mais ce que disent en 'off' les voix de la majorité sonnent comme une alarme pour le président."
C'est un exemple typique d'interprétation erronée d'une phrase par un correcteur informatique d'orthographe. Et c'est un exemple publié.
samedi 17 octobre 2009
Georges Bernanos, La France contre les robots (éd. Robert Laffont 1947 p. 182)
"La Civilisation des Machines est la Civilisation des techniciens, et dans l'ordre de la Technique un imbécile peut parvenir aux plus hauts grades sans cesser d'être imbécile, à cela près qu'il est plus ou moins décoré. La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité."
dimanche 27 septembre 2009
Dominique Fourcade, "éponges modèle 2003" (éd. P. O. L. p. 47)
"Leurs feuilles à ce stade du printemps, et pour quelques jours seulement encore, ne sont pas assez grandes pour cacher le réseau des branches, mais déjà assez denses pour l'envelopper sans le tenir."
mercredi 23 septembre 2009
Hölderlin, "Hypérion" (Poésie/Gallimard trad. Ph. Jacottet pp. 70 et 71)
"… ] à droite, des nuées d'orages s'amoncelaient au-dessus des forêt du Sypile : je ne sentais pas la tempête qui les portait, rien qu'un souffle dans mes cheveux, mais j'entendais leur tonnerre comme on devine la voix de l'avenir, et je voyais leurs flammes, comme la lumière lointaine de la divinité pressentie."
mardi 1 septembre 2009
id. p. 106
"Et dernièrement, depuis qu'il a mis son pardessus au clou, il pleut tout le temps."
id. p. 100
"Ça dégringole, ici, hein ? Impossible de savoir si le ciel a envie de chier ou de pisser."
id. p. 99
"Dehors, il pleut à verse."
id. p. 94
"Les enseignes au néon et les frontons de cinéma lancent leurs lumières indécentes dans la nuit pluvieuse."