mercredi 27 août 2008

Ino (dans "Ivresse de brumes, griserie de nuages / Poésie bouddhique coréenne (XIIIème - XVIème siècle), nrf p. 179)

Bras tranché au monastère Sorim Un coup de lame de givre tranche le vent du printemps,Tout enneigée, cour vide où tombent les feuilles rouges ;Le vrai, le faux, la discussion alors prend fin :Le croissant de lune froide repose sur la cime de l'ouest.
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lundi 25 août 2008

Roger Lewinter, "L'Attrait des choses" (éditions Gérard Lebovici p. 102)

[…] "où, parmi une somme de 200 interprétations, chaque dimanche en début d'après-midi, entre le thé et le café, je choisissais un opéra, rituellement écouté — près de la cheminée du hall, dans son fauteuil, ma mère sommeillait, cependant que, sur le canapé en face, j'étais étendu, recroquevillé, et que mon père, faisant la sieste dans le salon, après la retransmission du tiercé au transistor, selon les rapports s'éclipsant plus ou moins brièvement, nous rejoignait en fin de représentation, alors sur la même ligne que moi, tandis... [Lire la suite]
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jeudi 14 août 2008

Claude Simon, "Le Tramway" (éditions de Minuit, p.68)

"(à noter que les rides soulevées par le vent de terre qui se levait au crépuscule ne luttaient pas au début contre la houle du large se contentant de courir à la surface ou si l'on préfère la peau de la mer escaladant les bosses mouvantes redescendant dans les creux comme les vagues d'assaut d'une armée liliputienne entreprenant d'envahir une région de collines […"
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mercredi 6 août 2008

Georges Perec, "Espèces d'espaces" (éd. Galilée, p. 109)

"Lorsque rien n'arrête notre regard, notre regard porte très loin. Mais s'il ne rencontre rien, il ne voit rien ; il ne voit que ce qu'il rencontre : l'espace, c'est ce qui arrête le regard, ce sur quoi il butte : l'obstacle : des briques, un angle, un point de fuite : l'espace, c'est quand ça fait un angle, quand ça s'arrête, quand il faut tourner pour que ça reparte.Ça n'a rien d'ectoplasmique, l'espace ; ça a des bords, ça ne part pas dans tous les sens, ça fait tout ce qu'il faut pour que les rails de chemin de fer se... [Lire la suite]
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jeudi 31 juillet 2008

Gérard de Nerval, "Les Nuits d'Octobre" (Œuvres tome I /Pléiade p. 80)

"En effet, le roman rendra-t-il jamais l'effet des combinaisons bizarres de la vie ? Vous inventez l'homme, ne sachant l'observer. Quels sont les romans préférables aux histoires comiques, ou tragiques d'un journal de tribunaux ?Cicéron critiquait un orateur prolixe qui, ayant à dire que son client s'était embarqué, s'exprimait ainsi : 'Il se lève, — il s'habille, — il ouvre sa porte, — il met le pied hors le seuil, — il suit à droite la voie Flaminia, — pour gagner la place des Thermes', etc., etc.On se demande si ce voyageur... [Lire la suite]
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lundi 21 juillet 2008

Jean Giono, Voyage en Italie (nrf p. 99)

"La sieste à Vérone a dû être prolongée aujourd'hui par la chaleur lourde et l'ombre des orages. La lumière est irréelle. Une épaisse voûte de cumulus nous met en cave."
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vendredi 4 juillet 2008

Alain Dister, Frank Zappa et les mothers of inventions (éd. Albin Michel/Rock&folk, p. 7)

"Il pleuvait sur Melrose Avenue. Les rails d'un chemin de fer luisaient sous les néons. La grosse Chevrolet rouge, prêtée par un ami, sursauta en souplesse au passage à niveau. Un peu plus loin sur l'avenue, une quelconque voiture conduite par une femme un peu paumée la heurta par l'arrière, sans grand dommage. Il y aurait tout de même pour une bonne poignée de dollars de réparations, et l'ami ne serait pas content. Après, plus de Chevrolet rouge pour partir en virée dans ces rares coins de Los Angeles où l'on pouvait trouver de... [Lire la suite]
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dimanche 29 juin 2008

Georges Perec, "Penser / Classer" (éd. Hachette 1985, p. 45)

"Sur un nombre impressionnant d'affiches apposées sur les encore récents abribus, trois bambins aux regards terriblement 'enfantins' ont, pendant une ou deux semaines, vers octobre dernier, adéquatement mis en valeur les pull-overs, écharpes et bérets susdécrits : leurs poses, leurs expressions, leurs vêtures, leurs relations, aussi bien sur le plan de la mythologie publicitaire que sur celui de ce que l'on pouvait supposer être la réalité (leur existence en tant que modèles, le rôle qu'on leur faisait jouer, le rôle qu'ils se... [Lire la suite]
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mardi 3 juin 2008

Jean Giono, Le sommeil (dans "La Chasse au bonheur" éd. Folio pp. 73 74)

"…) Pendant ma prison de 1939, on me mit au secret pour vingt jours. Ce qui est un maximum : on est dans l'obscurité la plus complète, on n'est nourri qu'une fois tous les quatre jours avec une cruche d'eau et du pain sec qu'on vous passe sans un mot par un guichet, qu'on ne voit pas et dont l'ouverture ne se signale que par un cliquetis. Sortant de ces vingts jours extraordinaires, le capitaine commandant le fort Saint-Nicolas, où j'étais interné, voulut voir comment j'avais supporté ce secret et me fit comparaître devant lui :... [Lire la suite]
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dimanche 1 juin 2008

Hubert Damisch, " Théorie du nuage" (éditions du Seuil, p. 262)

"Le nuage, s'il décourage le dessin, ce n'est pas tellement dans son apparence formelle, mais par son instabilité, son évanescence. On peut à la rigueur dessiner 'un' nuage avant qu'il ne se dissipe ou ne se transforme ; entreprendra-t-on de restituer l'ordonnance d'un ciel couvert de nuées, on devra se contenter de quelques lignes hâtives, pour terminer ensuite de mémoire."
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