dimanche 30 janvier 2011

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (troisième partie, livre 2 — plus loin)

"Le 6 novembre (1812) le thermomètre descendit à dix-huit degrés au-dessous de zéro : tout disparaît sous la blancheur universelle. Les soldats sans chaussures sentent leurs pieds mourir ; leurs doigts violâtres et roidis laissent échapper le mousquet dont le toucher brûle ; leurs cheveux se hérissent de givre, leurs barbes de leur haleine congelée ; leurs méchants habits deviennent des casaques de verglas. Ils tombent, la neige les couvre ; ils forment sur le sol de petits sillons de tombeaux. On ne sait plus de quel côté les... [Lire la suite]
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samedi 29 janvier 2011

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (troisième partie, livre 2)

"Sorti de Moscou dans la nuit du 15 septembre, Napoléon y rentra le 18. Il avait rencontré, en revenant, des foyers allumés sur la fange, nourris avec des meubles d'acajou et des lambris dorés. Autour de ces foyers en plein air étaient des militaires noircis, crottés, en lambeaux, couchés sur des canapés de soie ou assis dans des fauteuils de velours, ayant pour tapis sous leurs pieds, dans la boue, des châles de cachemire, des fourrures de la Sibérie, des étoffes d'or de la Perse, mangeant dans des plats d'argent une pâte noire... [Lire la suite]
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lundi 24 janvier 2011

L'automne était un peu dur. C'est une erreur de penser qu'il termine avant l'année.

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lundi 20 décembre 2010

sans titre

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mercredi 15 décembre 2010

Voici quelques semaines, je circulais en voiture autour d'un large carrefour sur le bord duquel étaient postés deux policiers qui me firent signe de venir arrêter ma voiture près d'eux. N'ayant emporté ni la carte grise de la voiture, ni mon permis de conduire, j'étais confus lorsqu'ils me demandèrent de les leur présenter, au point de ne pas même essayer de les persuader que ces deux documents se trouvaient ensemble dans le sac à main de mon épouse, suspendu parmi des manteaux, chez nous… Bien entendu, je m'adressais aussi simplement... [Lire la suite]
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jeudi 9 décembre 2010

Vilém Flusser, Essai sur la nature et la culture (éd. Circé p. 105)

"Depuis quelques jours, le bulletin météorologique diffusé à la radio à dix heures du soir commence par la même formule : 'Après dissipation des brouillards matinaux persistants…' De fait, ces derniers temps, je me réveille chaque matin avec cette lumière laiteuse d'un soleil qui n'arrive pas à déchirer les voiles qui le recouvrent. Malheureusement, il s'agit d'une situation dont la littérature et les lieux communs sont tellement remplis que j'éprouve une grande difficulté à en faire l'expérience concrète. Le brouillard matinal... [Lire la suite]
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samedi 27 novembre 2010

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (éd. du ministère de l'éducation nationale 1972, tome I p. 287)

"Danton, plus franc que les Anglais, disait : 'Nous ne jugerons pas le roi, nous le tuerons.' Il disait aussi : 'Ces prêtres, ces nobles, ne sont point coupables [sic], mais il faut qu'ils meurent, parce qu'ils sont hors de place, entravent le mouvement des choses et gênent l'avenir.' Ces paroles, sous un semblant d'horrible profondeur, n'ont aucune étendue de génie : car elles supposent que l'innocence n'est rien, et que l'ordre moral peut être retranché de l'ordre politique sans le faire périr, ce qui est faux."
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vendredi 12 novembre 2010

Détail d'un immeuble de Fernand Pouillon, à la Tourette (Marseille)

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jeudi 11 novembre 2010

Je profite de ce jour de pluie d'une monotonie circonstanciée, sinon le leurre, ce matin, qu'il allait faire une jolie journée, pour annoncer que, depuis cet été, ce blog a déménagé. Le village, jusqu'au printemps, dont on ne voyait plus le terrain de boules sous l'effet des brumes matinales, se trouvait à cinq cents et quelques mètres d'altitude dans le nord de l'Aveyron, non loin de la Lozère. C'était un endroit frontalier de plusieurs aires géographiques, et les prévisions de la météo nationale pouvaient y paraître caduques. Par... [Lire la suite]
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jeudi 4 novembre 2010

Paul Cézanne, lettre à son fils, 8 septembre 1906 (citée par M. Pleynet, in Cézanne, éd. Folio p. 101)

"Mon cher Paul,Aujourd'hui (il est près de onze heures) reprise impressionnante de la chaleur. L'air est surchauffé, pas un brin d'air. Cette température ne doit être favorable qu'à la dilatation des métaux, favoriser les débits de boisson, remplir de joie les marchands de bière, industrie qui semble prendre des proportions respectables dans Aix, et les prétentions intellectuelles de mon pays, tas d'ignares, de crétins et de drôles. Les exceptions, il peut s'en trouver, ne se font pas connaître."
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