jeudi 20 août 2009

Paul Pfister, Les interprétations de l'espace dans la peinture de paysage en France au 19° siècle (revue Nuances n° 40 / 41)

"Nous avons là un espace de type 'réaliste', rapproché, mais tempéré par une douce transparence. La rosée enrobe chaque détail, rétrécit l'espace, s'entremêle à l'haleine des animaux, à la poussière qui s'élève en tourbillon et à la fumée du tabac."
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mardi 18 août 2009

Pierre Michon, Corps du roi (éd. Verdier p. 95)

"Le ciel était celui qui convient à ce lieu : gris avec des fulgurations bleues, venté, à la fois tonique et aveuglant, accablant. Les nuages allaient vite."
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lundi 17 août 2009

J'ai voulu rapporter le mot de Federman ci-avant spécialement parce que c'est une chose que je n'aurais pas écrite, et surtout pas comme ça. Cela n'empêche que j'ai apprécié son livre. Ce n'est pas le peu de cas qu'il fait du détail météorologique qui me laisse penser que je ne puisse pas écrire ainsi le temps qu'il a fait : c'est la façon dont est formé ce couple de phrases. Peut-être aurais-je pu écrire le second segment, pourquoi pas, mais certainement pas le premier. "Quant au temps ce jour-là." Je n'en reviens pas qu'il... [Lire la suite]
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dimanche 16 août 2009

Raymond Federman, Chut (éd. Léo Scheer, p. 180)

"Quant au temps ce jour-là. Disons, chaud et humide."
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dimanche 26 juillet 2009

Jean Giono, Pour saluer Melville (Nrf, p. 82)

À six heures du matin, le ciel était clair au-dessus de Grays-Inn. De petits cirrus étaient étalés comme une aile immense éclatante de blancheur dans les élancements d'une aube verte. À chaque instant de nouvelles plumes s'ouvraient, faisant bouillonner sous elles un peu d'air rose. "Oh !" dit Herman, "cette fois, c'est le grand jeu, tu es beau comme tout ! Tu as donné un fameux coup de pied à l'armoire, je ne t'avais jamais vu si beau. Seulement, ça c'est des ailes de cérémonie nuptiale. Tu n'as pas peur qu'elles... [Lire la suite]
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samedi 25 juillet 2009

Temps radieux, quoique frisquet ce matin, le vent qui s'était levé l'autre jour, vaste et lent, flirtant le soir alors que nous dinions dans le jardin, sous les roses qui du ponant striaient quelques fumeuses nuées, avec le goulot d'une bouteille de bière, vide, sur la table, et en tirant un sifflement grave et ovale, choral, chaleureux comme une accolade météorique, tombé hier, semble reprendre du service avec toujours plus de sagacité.
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mercredi 22 juillet 2009

pêche au vin sans vin…

Le coup de tonnerre des Corbières s'est répercuté tard le soir même, ici, redoublant de force, et laissant prévoir un orage brutal, avec le grand jeu d'éclairs se réverbérant au loin, en bleu froid, sur l'imposante masse de nuages, de toute part, nous séparant et nous reliant à la fois à ce lointain. Puis il a plu, fort, longtemps, mais pas en quantité notable. Par la suite, sans que la chaleur étouffe, ce fut un temps clément, sec malgré de vagues rosées matinales, jusqu'à ce qu'hier un vent large se mette en branle, courbant tout en... [Lire la suite]
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jeudi 16 juillet 2009

Poulet rôti, pommes dauphines, salade à l'ail…

Dans l'air humide, marin, et orographique à souhait, des Corbières, où régnait une brume fine sous un plafond floutant les crêtes avant de se lever, en fin de matinée ; il y a eu un roulement de tonnerre fort soudain, et d'une désarmante franchise, sur les hauteurs d'Opoul, près du château ruineux tandis que plus loin, par quelque jour dans le ciel, un carreau de lumière se déployait sur un flanc calcaire en regard des étangs.
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samedi 11 juillet 2009

Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (p. 190)

"Et puis voici, au-delà des nuages, flotille qui longeait les récifs d'Orient, l'opale se changer en rose, le rose s'amasser en strates de carmin ; voici s'étendre au nord, partout, la bleuissure du jour qui se déploie. Alors, sur la ligne des crêtes, grandit le sourcil coruscant. Une pointe de feu, piquée aux cimes des Ernici ou des Simbruini, et c'est l'insoutenable pupille, le coup d'œil rasibus, foudroyant, du bel astre, du grand falot. Les étendues grisâtres du Latium s'éclairaient et se topographiaient en ronde bosse,... [Lire la suite]
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vendredi 10 juillet 2009

Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (pp. 186 et 187)

"L'autre moitié du temps, au fin fond, sur le littoral de Fiumicino et de Ladispoli, ne faisait qu'un seul troupeau de couleur bistre, s'estompait en bleuissures de plomb : brebis crottées, tassées, compactes, happées aux fesses par leur chien berger, le vent, celui qui sème la pagaille à travers cieux. Quelque soudain coup de tonnerre, brrrwouwou, eut l' culot, nom de nom,d' se manifester lui aussi : un vingt-trois mars !"
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