Météo rétrospective

La météorologie donne le plus souvent le temps qu'on pense qu'il va faire. Nous donnerons plus sûrement le temps qu'il a fait.

mercredi 4 novembre 2009

Si tu la sens trop tu ne la sentiras pas longtemps.

On doit à Montaigne pour cette remarque à propos de la douleur une espèce de reconnaissance éternelle où l'humour est la condition humaine.

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samedi 31 octobre 2009

Je viens de passer une semaine à Marseille et, outre qu'il y faisait exagérément doux, je m'y suis senti incapable d'y faire un pas sans me trouver entre deux types de choses connues. D'un côté, les innombrables visages que j'y reconnais, jusqu'au guichetier de l'agence SNCF du centre Bourse dont je sais qu'il travaillait jadis à la gare même. De l'autre, cet espèce de halo physionomique enveloppant certains, comme il arrive au personnage de Marcel Proust de retrouver à tout propos tel visage peint par Bengozzo Gozzoli dans La Cavalcade des Rois Mages sur celui de quelqu'un qu'il examine dans une réception, mais avec cette différence que je ne voyais çà et là paraître parmi les piétons que tel ou tel des habitants de mon village, jusqu'à ce qu'une seconde décisive après je corrige : mais non, Nicole n'a pas les cheveux de cette couleur.

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mardi 13 octobre 2009

Des titres

Pour ceux qu'étonne la promotion d'un des fils du président français dans les affaires, c'est oublier qu'il avait été déjà tenté de le placer (ou bien était ce son frère ?) dans la politique municipale de Neuilly — et réussi ? je ne suis même plus sûr que non. Je me souviens bien par contre d'une petite allocution du fils en question, alors. Tout était dit dans le ton, l'humour feignant, avec lequel il avait placé dans son laïus qu'il avait déjà une petite expérience de la vie politique de par sa famille, glorieux par procuration. Pour le reste, un deug à 23 ans, ça paraît difficile puisque ce degré d'étude est maintenant dissout dans ce qu'on appelle "master un", et que ce master, à cet âge, il ne l'a pas encore obtenu semble-t-il.

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vendredi 3 juillet 2009

Vacances

La liberté du citoyen fait consommateur (je traduis : le-client-qui-n'est-pas-roi), c'était de pouvoir jeter, se débarrasser sans souci des monceaux de biens matériels, foutaises et merdouilles aussi bien que certains biens utiles pour une période limitée, mais encore des gadgets innombrables, bibelots ou accessoires indispensables, babioles feignant d'être devenues des outils — toutes choses dont on charge les personnes dès l'école, laïque, dès la petite enfance même pour les besoins de notre tempérament industrieux. Cette liberté est progressivement rendue coupable, sinon carrément amputée, par un discours devenant pressant, et alimenté de toute part tant il est pressant : juteux même. On ne pourrait donc plus balancer les choses simplement parce qu'elles nous embarrassent, sans estimer leur devenir de détritus, sans jauger leurs transformations possibles, en subir ne serait ce que moralement (mais parfois financièrement) le coût.

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jeudi 4 juin 2009

Salut Martial

À croire que j'aurais eu ma chance d'entrer dans l'auditorium, en admettant qu'ils avaient laissé passer toutes les plus belles chaussures, et que j'étais arrivé trop tard : l'hôtesse ne trouvait plus mon nom sur la liste et j'ai dû passer par le guichet des non-inscrits, dont je ne figurais pas non plus sur les listes, et à qui j'ai dû expliquer qu'il y avait une liste à part, selon les chaussures portées par l'invité, etc.

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dimanche 1 février 2009

La modernité a du plomb dans l'aile

Cette semaine, la journaliste radio qui annonçait que les billets de 100 francs ne sont plus valables désormais, sauf auprès de collectionneurs (justement !), a appelé le billet en question en faisant la description de celui à l'effigie d'Eugène Delacroix, passant à l'as celui à l'effigie de Paul Cézanne émis quelques années à peine avant "le passage à l'euro", sur lequel figuraient dans des tons bruns, orangés et verts, une version de pommes, les joueurs de cartes ainsi qu'un cercle chromatique (en plus de l'inévitable autoportrait, qui figurait aussi sur le Delacroix).

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dimanche 7 décembre 2008

Piraterie

Les voilà plus à l'aise, les armateurs de navires en tous genres, dans le rôle de la victime : ils répondent aux questions, sont prêts à faire un petit exposé circonstancié. Une escorte militaire pour ramener au port d'attache de force les pétroliers aux cuves pleines à craquer, et vétustes, lancés sur l'océan en dépit du bon sens et au mépris de la loi pour rentrer dans les frais un dernier petit coup, et qui finissent par faire naufrage avec leur cargaison, ils n'en n'ont pourtant jamais la demande…

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lundi 1 décembre 2008

Rideau de scène

Il semble que cela fasse déjà 3 fois, en un seul mois, que la police empêche l'accès de personnes, notamment des journalistes, à des débats qui leur étaient en principe ouverts : une fois sur des questions relatives à l'éducation nationale, une autre fois pour décider de l'avenir du Centre National de la Recherche Scientifique, et cette fois-ci pour les "états généraux de la presse". Et il n'y a que 30 jours en novembre, dont deux fériés.

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mercredi 5 novembre 2008

4 x 4 = 16

On ne transige pas avec les nombres ; B. Obama est le 44ème président des États-unis d'Amérique et A. Lincoln en fut le 16ème. Au cours de toute cette journée assez émouvante, avec ce sens du drame et de l'histoire amplement rehaussé lorsqu'un chef charismatique ne se contente plus seulement d'apparaître mais a été reconnu, l'ascendance de Lincoln sur Obama ne fut pas tellement évoquée dans les journaux radiophoniques, puis dans les émissions d'analyse, sinon par un invité de L. Goumarre vers 19 h. Cet invité, calé sur le sujet américain, rapportait la grande estime dans laquelle Obama tient Lincoln.

Le contraire aurait été surprenant, et l'association des deux présidents parmi les plus historiques des É.-u. d'Amérique va de soi, surtout lorsqu'on connaît Lincoln sous les seuls traits d'H. Fonda dans le film de John Ford. Avocats et autodidactes (cela vaut pour Obama ne serait-ce que par contraste avec Bush qui a repris le siège de son père), dignes et éloquents, axant leur programme, quoique fort différemment par les circonstances de leurs élections respectives, sur la question fondatrice de la population noire et native d'Amérique, les deux figures résonnent en toute beauté : cela pourrait avoir un sens vérace si les hommes (singulièrement aux É.-u.), pour une fois, dominent leur tendance au sabordage.

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jeudi 25 septembre 2008

Le Medef a roté…

La "patronne des patrons" a eu un mot malheureux ce matin, n'hésitant pas à recourir à l'image d'une formule toute faite pour s'alarmer de la crise qui inquiète les milieux bancaires et boursiers, qui peut encore en inquiéter d'autres, et qu'elle a définie comme un "11 septembre de la finance". Bien-sûr, cette femme est une ordure dirigeante, qui parle un langage empaqueté, s'autorisant les formules les plus ignobles, peu importe la cause, pourvu qu'on ait l'effet, etc. etc. Car, bien évidemment, elle s'est mise à dire qu'il va falloir être "solidaires", qu'il faut avant tout couvrir les entreprises, patati et patata.

On peut cependant raisonner après son mot misérable ; si l'image qu'elle emploie s'avérait juste, il faudrait alors convenir que les initiateurs des faits qui ont conduits à cette crise financière sont des terroristes. Puisque certaines de ces personnes sont connues ou même amies de Mme Parisot, sinon représentées par elle en France, on se dit qu'elle s'est méprise sur sa formule. Car il y a bien des fabricants d'avion dans le lot, et des fabricants d'armes, et des fabricants "d'avion de guerre" — groupe nominal qui recouvre une réalité différente depuis le 11 septembre 2001. Mais le sens des choses, l'hypothèse d'une vérité, cela n'intéresse pas une oratrice de si peu d'allure.

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