Il y avait eu une ondée dans la fin de la nuit, ce matin ; les toits encore mouillés quand le ciel semblait sec au levé du jour. Des nuages couvraient tout le ciel par vagues molles dans leur très beau modelé, vers l'Est : bleu roi et gris souris par zones comme florales sur le blanc qui en était encore éteint par la nuit. Le temps s'est mis ensuite au beau, non seulement pas froid mais délicatement ensoleillé de grandeurs printanières telles qu'on les imagine toujours, sans réel ni défaut, l'hiver. L'après-midi était belle ainsi, quoique frisquette, jusqu'à ce que s'abatte une petite bruine qu'aurait pu prévenir une brise arrivée de l'ouest dans la matinée si on l'avait écoutée. Dès lors, cette espèce de crachin, poussé latéralement dans les figures par un courant d'air, a seriné son air favori sans arrêt avant la nuit sans caractère ; que sa fraîcheur, continuant d'arriver imperceptiblement par l'ouest, et il ne pleut plus. Mais la soirée fut bénie par un poulet qu'hier, alors que les enfants jouaient sur la place avec la fille d'une voisine, lorsque j'avais demandé à cette dernière est ce que sa mère, à elle, avait des volailles, elle m'avait sorti d'un sac isotherme à la suite de sa  réponse à ma question par un geste débonnaire à l'adresse du sac : ouais, y'en a un pour toi là-dedans… Parce que le dit poulet s'est conjugué gracieusement, si vous permettez, avec une bouteille de Mâcon hors-pair laissée par nos derniers visiteurs. J'ajoute qu'en espérant ne plus faire attendre la fameuse bouteille, j'avais essayé d'acheter un poulet au marché, hier, et qu'ils étaient déjà tous partis.