Les tombes sont fleuries de neuf. Aux abords du cimetière, au pied du muret mais du côté hors l'enceinte, on voit parmi les ronces harassées par la sècheresse, ici ou là, des petits tumulus de terre. Tronc de cône ou de pyramide, formés d'une terre que la résille saturée des radicelles retient en forme, ce sont les pots de l'an passé retournés là pour les vider, leurs fleurs défuntes à présent, et y planter du neuf. La sépulture originelle apparaît ainsi marginalement, caractérisée par sa réalisation à l'improviste et face à l'échéance.