dimanche 26 juillet 2009

Jean Giono, Pour saluer Melville (Nrf, p. 82)

À six heures du matin, le ciel était clair au-dessus de Grays-Inn. De petits cirrus étaient étalés comme une aile immense éclatante de blancheur dans les élancements d'une aube verte. À chaque instant de nouvelles plumes s'ouvraient, faisant bouillonner sous elles un peu d'air rose. "Oh !" dit Herman, "cette fois, c'est le grand jeu, tu es beau comme tout ! Tu as donné un fameux coup de pied à l'armoire, je ne t'avais jamais vu si beau. Seulement, ça c'est des ailes de cérémonie nuptiale. Tu n'as pas peur qu'elles... [Lire la suite]
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samedi 11 juillet 2009

Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (p. 190)

"Et puis voici, au-delà des nuages, flotille qui longeait les récifs d'Orient, l'opale se changer en rose, le rose s'amasser en strates de carmin ; voici s'étendre au nord, partout, la bleuissure du jour qui se déploie. Alors, sur la ligne des crêtes, grandit le sourcil coruscant. Une pointe de feu, piquée aux cimes des Ernici ou des Simbruini, et c'est l'insoutenable pupille, le coup d'œil rasibus, foudroyant, du bel astre, du grand falot. Les étendues grisâtres du Latium s'éclairaient et se topographiaient en ronde bosse,... [Lire la suite]
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vendredi 10 juillet 2009

Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (pp. 186 et 187)

"L'autre moitié du temps, au fin fond, sur le littoral de Fiumicino et de Ladispoli, ne faisait qu'un seul troupeau de couleur bistre, s'estompait en bleuissures de plomb : brebis crottées, tassées, compactes, happées aux fesses par leur chien berger, le vent, celui qui sème la pagaille à travers cieux. Quelque soudain coup de tonnerre, brrrwouwou, eut l' culot, nom de nom,d' se manifester lui aussi : un vingt-trois mars !"
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mercredi 8 juillet 2009

Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (p. 186)

"La tramontane ayant fléchi la veille, voici venir, alternant les auspices, le souffle chaud, sur la peau et sur les visages, l'haleine gratuite et ormais mollissante d'une rafale de siroc. Là-bas, derrière Tivoli et Carsoli, des flotilles de nuées horizontales, toutes embouclettées de cirrus, avec des simili-pompons safrans, fonçaient l'une après l'autre à la bataille, cinglaient allègrement au casse-pipe : où donc ? jusqu'où ? Dieu sait ! Sûrement là où les envoyait se faire foutre leur amiral, comme le nôtre nous envoie,... [Lire la suite]
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dimanche 5 juillet 2009

L'Affreux pastis de la rue des merles, C. E. Gadda (éd. Seuil p. 153)

"Arrivé en vue de Ciampino ou de la Palomba, le Santarella levait les yeux : là-haut, tout là-haut, à la mi-mars et en plein ciel, de blanches caravanes de nuages défilaient sans que jamais royal V. E. ne les poursuive. Mais quelqu'un devait bien se charger de les harponner eux aussi : et c'était la pointe argentée des antennes, comme font les dents d'un peigne emmi l'ouate. Et dans la toison du fuyant, neigeux troupeau, on pouvait voir éclore, en perpétuelle anamorphose, pour ensuite se refermer en des présages d'une... [Lire la suite]
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jeudi 18 juin 2009

Carlo Emilo Gadda, L'affreux pastis de la rue des merles (éd. Seuil p. 49)

"C'était une journée splendide, une de ces journées si superbement romaines qu'un fonctionnaire de 8me grade, fut-y su' l' point de s' propulser au 7me, est capable d' sentir lui aussi, mais oui, un je n' sais quoi gigoter dans son âme, un p'tit quèque chose qui ressemble assez au bonheur. Il avait l'impression, parole, d'aspirer d' l'ambroisie par les narines, d'en imbiber ses poumons. Et sul' travertin ou l' péperin d' chaque façade d'église, au faîte d' chaque colonne, ce poudroiement doré de soleil déjà auréolé d'un carrousel... [Lire la suite]
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mercredi 17 juin 2009

Haha… (® M. Provansal/éditions P)

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mardi 2 juin 2009

Carlo Emilio Gadda, La Connaissance de la douleur (Points Seuil, p. 141)

"L'ouragan, ce jour là comme bien d'autres, parcourait avec de longs hurlements les gorges hostiles des montagnes, pour se jeter en ressortant contre logements et fabriques. Après un cumul funèbre de ses rancœurs, il déchaînait ses foudres au travers du ciel, à la façon d'un capitan de lanciers qui fait bombance un soir de sacs et de rapines, parmi les lueurs sinistres et les détonations. Ce vent qui lui avait enlevé son fils vers des cyprès d'oubli, semblait la pourchasser, elle aussi, dans chaque embrasure : à son tour. Sous la... [Lire la suite]
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dimanche 19 avril 2009

Carlo Emilio Gadda, "Dimanche du jeune seigneur désargenté" (éd. du Seuil, p. 100)

"Les feux de l'occident faisaient songer à des rivages merveilleux : des traînées de cendre, frangées d'or et de safran, entaillaient le lointain incendie ; cependant que les cumulus d'or et de plomb, courant se désagréger dans le ciel, présageaient le devenir, la mutation, semblaient courir vers les rouges espérances. Je pensais au peuple dense et fidèle des peupliers dans la plaine, à la domination des nobles tours (brique brune que la flamme embrase à leur faîte) ; et, perdus parmi la gent verdoyante, aux clochers des... [Lire la suite]
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